FNC - Un ange à la mer - Une histoire de violence
Réalisé par Frédéric Dumont
Critique de Rose-Aimée Morin

Ouvertement inspiré par son passé, Frédéric Dumont signe sa première fiction avec le scénario d’Un ange à la mer. S’y affrontent un père malade et un fils dépérissant sous les effets d’un secret trop lourd à porter, au cœur d’un Maroc qui leur est étranger. Résultat : quatre-vingt-six minutes de bouleversement. Face à ce festin de violence psychologique, le spectateur ne peut rester insensible, contraint à être attristé, empathique, frustré ou colérique, bref lui-même violenté.
Pour soutenir ce scénario coup-de-poing, Dumont n’aurait su trouver mieux qu’Olivier Gourmet, magistral dans le rôle d’un père maniaco-dépressif, et Martin Nissen, se mesurant avec succès à un rôle de taille pour sa première apparition au cinéma. Bémol toutefois au niveau des acteurs québécois de la distribution : Louise Portal dont le rôle est ridiculement accessoire et Pierre-Luc Brillant, qui se révèle plutôt plat dans sa tourmente.
Dumont use de belles trouvailles au niveau de la mise en scène, dont la lumière intermittente d’un phare pour mystérieusement éclairer les scènes de nuit. L’utilisation d’images oniriques illustrant l’évolution de la tension au sein de la famille aurait toutefois pu être mise de côté, le propos étant assez clair pour ne pas bénéficier d’une surenchère.
Un Globe de cristal somme toute mérité pour cette coproduction Belgique-Canada-Maroc.
