5150, rue des Ormes - Adaptation réussie

5150, rue des Ormes
Réalisé par Éric Tessier, mettant en vedette Marc-André Grondin et Normand D’Amour
Critique de Guillaume Côté-Légaré

5150ruedesormes
Rares sont les réalisateurs québécois qui abordent le thème de l’horreur dans leur oeuvre. C’est pourtant le défi que relève Éric Tessier pour une deuxième fois avec 5150, rue des Ormes. Défi qu’il remplit de façon impressionnante.

Suite à un bête accident de vélo, Yannick Bérubé, qui s’apprête à commencer ses études universitaires, va cogner à la porte de Jacques Beaulieu pour demander de l’aide. La curiosité mène Yannick à l’étage de la demeure des Beaulieu, où il sera témoin d’une véritable scène d’horreur : un homme agonisant et visiblement torturé. Le patriarche Beaulieu séquestrera donc Yannick pour lui exposer sa mission : Jacques est le dernier des Justes et doit éliminer les êtres impurs, les non-Justes. S’ensuit une joute psychologique entre nos deux personnages, Jacques tentant de convertir Yannick à sa cause, Yannick tentant de démontrer à Jacques la folie de sa croisade.



C’est la deuxième fois qu’Éric Tessier adapte un roman du populaire auteur Patrick Sénécal au grand écran (après Sur le seuil en 2003). Sénécal signe le scénario, ce qui assure le respect de l’œuvre originale à l’écran. La moelle de ce scénario réside dans les interactions entre les personnages, et sur ce point, c’est réussi. Le réalisateur jongle habilement avec quatre trames narratives différentes. Le spectateur va passer la majorité de son temps avec Yannick et Jacques, mais on n’oublie pas non plus les deux autres personnages clés du récit. La femme de Jacques Beaulieu (Sonia Vachon) et leur fille (Mylène St-Sauveur) méritent leur juste place à l’écran.

Tessier réussit à habilement illustrer à l’écran la dérive psychologique de Yannick. La transformation du personnage de Marc-André Grondin est très réussie. Il passe du rôle de la victime innocente à celui de l’antagoniste qui fera dérailler la “normalité” des Beaulieu. C’est toutefois Normand D’Amour qui vole la vedette, avec un jeu empreint d’une frénésie terrifiante.

Le film n’est tout de même pas sans failles, surtout au niveau du rythme. Un peu lent à démarrer, 5150 souffre aussi d’une fin précipitée. Question de rester fidèle à l’esprit du livre, certains chemins empruntés par le scénario sont un peu faciles, sans toutefois tomber dans le cliché.

5150, rue des Ormes est définitivement un spécimen rare au Québec. Éric Tessier ne lésine pas sur les détails et nous offre un thriller psychologique qui rivalise facilement avec ce que peut nous offrir Hollywood. Une adaptation réussie.

5150, rue des Ormes, d’Éric Tessier, sera à l’affiche partout à Montréal le 9 octobre.