Capitalism: A Love Story - Retour en force

Capitalism : A Love Story
Réalisé par Michael Moore
Critique de Nicolas Krief

capitalismalovestory
La méthode Moore a fait ses preuves. Elle est culottée, courageuse, et scandaleusement démagogique. Deux ans après le décevant Sicko, Moore récidive avec un film beaucoup moins présomptueux, plus accessible et définitivement plus efficace.

Il nous y présente les escrocs et les escroqués; on assiste à certains ratés du capitalisme, et on dresse un portrait très dur des initiateurs de certains coups bas financiers. Moore débute son film par un astucieux montage comparant par la force des images la chute de l’Empire romain et l’échec du système capitaliste. C’est aussi par le montage que Moore élabore un brulot d’une efficacité redoutable démontrant son penchant pour le socialisme.

Son parti pris pour les plus démunis, pour ceux qu’on ne laisse pas s’exprimer fait parfois pencher son film vers la démagogie. S’il a tendance à filmer un peu trop longtemps les sanglots, il ponctue par contre son métrage de plusieurs moments de folie « Moorienne » : Moore qui vient faire l’arrestation du président de Bank of America, Moore qui met des rubans de police autour de Wall Street. Toutes ces images peuvent sembler effectivement assez populistes, mais n’est-ce pas là tout l’intérêt du cinéma de Michael Moore? Il est bien difficile de lui reprocher ses bonnes actions, ainsi que son désir d’agir pour le bien commun.

Capitalism se termine sur la victoire d’un groupe d’employés contre leurs patrons, sur des images de gens qui se regroupent pour combattre un système fait d’injustices, privilégiant les riches aux dépends des moins bien nantis. C’est ce message d’espoir qui fait du film de Moore le « feel good movie » de l’année.

Capitalism: A Love Story, de Michael Moore, présentement à l’affiche à Montréal.