FNC - The Time That Remains - Un Tati moyen-oriental
14/10/09 14:19
The Time That Remains
Réalisé par Elia Suleiman
Critique de Nicolas Krief
Injustement ignoré au palmarès cannois, The Time That Remains est pourtant une œuvre d’une grande sincérité. Le cinéaste palestinien, à qui l’ont doit le divin Divine Intervention, nous revient avec une chronique sur la vie de sa famille en Palestine depuis la création de l’État d’Israël. Suleiman est un auteur qui se fait trop rare pour passer à côté de ce magnifique film à l’allure d’un Tati moyen-oriental.
La symbolique, la métaphore, l’allégorie; toutes ces choses qui peuvent causer la perte d’un film, le rendre lourd, et même parfois insupportable. Ces éléments sont toutefois utilisés par Suleiman de manière si sobre et ludique que l’accessibilité de son film n’en souffre aucunement. Des images fortes et dures nous sont présentées avec finesse et humour; des scènes de la vie quotidienne à Nazareth sont dépeintes avec absurdité, étrangeté et précision pour dresser un portrait unique de la vie en territoire occupé.
Suleiman accumule les images d’une force spectaculaire afin de nous transmettre sa vision singulière de l’histoire récente son pays. De l’homme surveillé par un tank lorsqu’il sort ses poubelles, au cinéaste lui-même qui fait du saut en hauteur au-dessus du mur érigé par Israël autour de la Palestine, chaque scène relève d’un immense talent humoristique et poétique.
À mi-chemin entre Jacques Tati et Buster Keaton, Elia Suleiman offre une performance à la hauteur des grands personnages comiques du cinéma. L’acteur-scénariste-cinéaste offre un jeu qui réfère directement à celui du maître Keaton; un visage impassible et une posture particulière donnent un charme irrésistible au personnage, et donc, par extension, à l’auteur lui-même.
The Time That Remains sera distribué en Amérique du Nord par E1, ce qui donnera la chance à des milliers de cinéphiles de se délecter de ce petit bijou dont on se rappellera encore longtemps.
The Time That Remains, de Elia Suleiman, ne sera pas représenté au FNC.
Réalisé par Elia Suleiman
Critique de Nicolas Krief

La symbolique, la métaphore, l’allégorie; toutes ces choses qui peuvent causer la perte d’un film, le rendre lourd, et même parfois insupportable. Ces éléments sont toutefois utilisés par Suleiman de manière si sobre et ludique que l’accessibilité de son film n’en souffre aucunement. Des images fortes et dures nous sont présentées avec finesse et humour; des scènes de la vie quotidienne à Nazareth sont dépeintes avec absurdité, étrangeté et précision pour dresser un portrait unique de la vie en territoire occupé.
Suleiman accumule les images d’une force spectaculaire afin de nous transmettre sa vision singulière de l’histoire récente son pays. De l’homme surveillé par un tank lorsqu’il sort ses poubelles, au cinéaste lui-même qui fait du saut en hauteur au-dessus du mur érigé par Israël autour de la Palestine, chaque scène relève d’un immense talent humoristique et poétique.
À mi-chemin entre Jacques Tati et Buster Keaton, Elia Suleiman offre une performance à la hauteur des grands personnages comiques du cinéma. L’acteur-scénariste-cinéaste offre un jeu qui réfère directement à celui du maître Keaton; un visage impassible et une posture particulière donnent un charme irrésistible au personnage, et donc, par extension, à l’auteur lui-même.
The Time That Remains sera distribué en Amérique du Nord par E1, ce qui donnera la chance à des milliers de cinéphiles de se délecter de ce petit bijou dont on se rappellera encore longtemps.
The Time That Remains, de Elia Suleiman, ne sera pas représenté au FNC.
