FNC - Canine - Médiocre

Canine
Réalisé par Yorgos Lanthimos
Critique de Nicolas Krief

canine
Dans une grande maison éloignée du monde, une famille vit sous la direction d'un père dérangé. Ne laissant pas ses enfants ni sa femme sortir de leur terrain, il les fait évoluer dans un univers parallèle où la salière s'appelle «téléphone» et où la mer est un confortable sofa. Papa crée une compétition malsaine entre ses enfants, les obligeant à performer pour obtenir des récompenses. Une étrangère viendra perturber cet univers déjanté en y introduisant une dose de désir sexuel.

Canine, qui a remporté le prix Un certain regard à Cannes en mai dernier, peut sembler intéressant au départ. L'idée de base, soit le microcosme dominé par un père dément (mais qui semble tout à fait sain d'esprit), évoque certains maux de notre monde. Mais c'est sans finesse et avec un goût prononcé pour le ridicule que Lanthimos met en scène cette idiotie en 35 mm.

Au lieu d'y explorer les méandres psychologiques de cette famille vivant sous une véritable dictature idéologique, on se complait dans un humour absurde et faussement dérangeant. Les situations de malaise gratuit s'accumulent sans avoir véritablement de sens, mis à part des prétentions artistiques manquées. Lanthimos passe littéralement à côté de sa cible, et finit par atteindre un summum de complaisance grâce à ses images-chocs léchées qui retirent au spectateur sa simple envie de rester dans la salle.

Il n'y a aucune vraie arrogance dans Canine, aucune hargne. Dans un film où le fond se veut très politique (eh oui), on préfère choquer gratuitement plutôt que de tirer dans la bonne direction.

Canine, de Yorgos Lanthimos, sera représenté au FNC à 16h00 le 15 octobre, salle Claude-Jutras.