Fantastic Mr Fox - Le plus accessible des Anderson

Fantastic Mr. Fox
Réalisé par Wes Anderson
Critique de Nicolas Krief

fantasticmrfox
On se rappellera de la cuvée 2009 pour la qualité de son cinéma d’animation. Ponyo de Miyasaki, Les lascars d’Emmanuel Klotz, Up de Pete Docter et surtout Mary and Max d’Adam Elliot sont des longs métrages de grande qualité et forment un superbe corpus présentant l’état de l’animation cinématographique. À cette troupe s’ajoute le dernier bijou de Wes Anderson (The Royal Tennenbaums, Darjeeling Limited), adapté d’un livre pour enfant de Roald Dahl : Fantastic Mr. Fox.

Le plus accessible des Anderson, Mr. Fox rejoint tous les thèmes chers à l’auteur. Principalement celui de la famille, omniprésent dans sa filmographie, et plus précisément la paternité, véritable spectre du cinéma Andersonnien (terme ayant plusieurs significations : Wes, Paul Thomas, Paul W.S., Roy). Père complètement fou chez les Tennenbaum, père malhabile du côté des Zissou et père incertain, pas prêt pour son nouveau rôle chez les Whitman. Mr. Fox est celui qui finira par dire à son fils qu’il l’apprécie, et qu’il est fier de lui. Fox, bien qu’il soit négligent et ignore souvent son fils, est le seul de tous ces papas à avouer son affection à sa progéniture. Il aura fallu plusieurs années et un film pour enfants pour que Wes Anderson se réconcilie avec la paternité, ça en dit long sur le bonhomme.

Mr. Fox (George Clooney), journaliste mais voleur de poulets de formation, décide de revenir à ses vieilles amours en allant dévaliser les trois fermiers vivant dans le coin. Au grand dam de sa femme (Meryl Streep), il entraîne son ami Badger et son neveu Kristofferson dans ses plans les plus rocambolesques. Ash (Jason Schwartzman), marginal malgré lui, aimerait bien se joindre à la troupe et aller dérober quelques poulets.

D’un humour fin et ingénieux, Mr. Fox est bel et bien un film d’Anderson. Son style de mise en scène élaboré depuis Bottle Rocket, peaufiné dans Tennenbaums et qui atteint son paroxysme dans Darjeeling, est cette fois mis au service d’un conte pour enfants et dynamise le récit. Plans sur des pièces de maison découpées en deux, lettrage singulier qui chapitre le film, utilisation originale de la profondeur de champ, Wes est présent dans chacune des images de ce film. Difficile de croire que le tournage c’est fait sans lui, et qu’il communiquait avec les animateurs par téléphone et par courriel. Un procédé qui a en fin de compte porté ses fruits.